imagerie

Retour

02.04 - 18.06.2011

Paysages de portraits, portraits de paysages

Alain Desvergnes

Carton de l’exposition d'Alain Desvergnes , Paysages de portraits, portraits de paysages, 2011

Alain Desvergnes est un personnage clef de la reconnaissance de la photographie en France, avec la création de l’Ecole Nationale Supérieure de la Photographie d’Arles.

Il a passé sa vie à faire comprendre et aimer cette jeune invention, sans jamais chercher à se tenir sous les feux de la rampe, se définissant comme un photographe modeste et insistant sans cesse sur son rôle de passeur. L’exposition rétrospective « Paysages de portraits, portraits de paysages » et le livre d’entretiens qui lui ont été consacrés ont été réalisés en partenariat avec le Musée de la Roche sur Yon, le Carré Amelot de La Rochelle et l’artothèque de Vitré.

L’exposition en 130 photographies regroupait l’essentiel du travail qu’il a réalisé au début des années 60 dans le sud des États-Unis, sur les pas de Faulkner dont l’exceptionnelle série de kodaliths originaux.

« Parle-moi du Sud. A quoi ça ressemble là-bas, qu’est-ce qu’ils font là-bas, pourquoi ils vivent là-bas, pourquoi ils vivent tout court ? »
« C’est après avoir lu cette phrase de William Faulkner que je suis allé vivre trois ans au Mississippi, dans le comté mythique d’un Prix Nobel de Littérature quasi inconnu dans son Sud natal, le comté de Yoknapatawpha.
J’espérais y rencontrer celui qui m’avait fait découvrir une façon de voir autrement la vie de tous les jours.
J’y suis arrivé quelques mois après la mort de l’écrivain en 1962, au moment où l’on brûlait les petites filles noires dans les églises pour la couleur de leur peau, et quelques mois seulement avant l’assassinat de J.F. Kennedy dans le Texas voisin.
Ce voyage fut pour moi un voyage initiatique.
Dans cet esprit « de fureur et de bruit » j’ai appris à photographier sans logique rassurante mais avec passion, en cherchant, comme Faulkner ces équivalences visuelles afin de mieux les déchiffrer.
Apprendre un monde où folie et sagesse jouent à cache-cache avec le blues des Noirs du Sud, cette petite musique emblématique qui a ensorcelé le siècle. »

(Alain Desvergnes)