imagerie

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24.03 - 05.05.2001

Nature – Culture – Sculpture.
Travaux photographiques
1988-2000

Pascal Kern

Carton de l’exposition de Pascal Kern, Nature-Culture-Sculpture.Travaux photographiques 1988-2000, 2001

L’Imagerie accueille une exposition de Pascal Kern qui regroupe 15 polyptyques grand format réalisés entre 1988 et 2000 et extraits des séries Nature et Sculpture.

Le principe de la reproduction d’une « forme » à l’échelle 1/1 est à la base de son travail, moulages ou empreintes de légumes ou de fruits dans la série Nature ou objets moulés industriellement (baignoires d’enfants, seaux.) dans la série Sculpture. Le tirage couleur issu de ces volumes est lui aussi mis en espace par Kern qui l’intègre dans un cadre au matériau (bois, bronze, aluminium…) et au volume très présents, faisant de chaque polyptyque de l’artiste une véritable sculpture photographique.

Pascal Kern, né en 1952, vit entre Paris (atelier) et Le Mans où il enseigne les arts visuels à l’école des Beaux-Arts. De nombreuses expositions ont réuni ses œuvres depuis 20 ans : Centre Pompidou, Centre National de la Photographie, Printemps de Cahors…

« Pascal Kern a d’abord fait des installations, à partir d’objets trouvés et répertoriés par classes, qu’il rehaussait à la craie de couleur avant de les photographier avec une vieille chambre (Fictions colorées). Le principe d’une « sculpture » restituée sous la forme d’une photographie à l’échelle 1/1 est resté à la base de son travail, mais la nature des matériaux utilisés ainsi que la réflexion sur le volume et l’espace ont considérablement évolué.

Dans la série Icônes, Pascal Kern mettait l’accent sur l’idée d’apparition et de disparition. Dans la série Sculpture qui se poursuit à ce jour, les objets eux-mêmes (des formes et des moules en bois utilisés dans des anciennes fonderies) renvoient aux différentes inversions (positif/négatif) et les passages par des matériaux différents. Les cadres, métalliques ou en bois, dont il entoure ses tirages renforcent encore l’élément « sculptural » tout en soulignant le paradoxe de la représentation d’un volume par l’image plane. L’abstraction du processus va ici de pair avec la force de présence la plus grande.

Dans les travaux récents (séries Nature et Culture ainsi que les derniers travaux de la série Sculpture), Pascal Kern poursuit l’analyse de ces paradoxes. Il réalise maintenant lui-même des tirages en plâtre à partir des formes, ou bien des moulages ou des empreintes de légumes ou de fruits, dont les formes en creux, imprégnées de pigments, semblent avoir littéralement « bu » le volume. Ou bien encore, il a recours à des objets moulés industriellement (baignoires d’enfants, seaux, éléments de carrosserie de voiture…) qui deviennent à leur tour des moules possibles. Et toujours, dans cette analyse subtile des représentations de la surface et du volume, un paradoxe supplémentaire est apporté par la splendeur des couleurs de l’image, et par l’évidence apparente du constat photographique, accentuant encore les tensions entre volume et plan, plein et vide, peinture et sculpture. »

Régis Durand
(Directeur du Centre National de la Photographie)