C’est une coïncidence qui mit Denis Rouvre sur le chemin de David Nal-Vad. Mais lorsque le peintre-sculpteur franco-gabonais rencontre, en 1989 à Libreville, celui qui deviendra photographe, ils ignorent tous deux que leur amitié profonde, brutale, les entraînera, près de vingt ans plus tard, dans une rencontre artistique.
En 1991, David installe son atelier à Paimpol, en Bretagne, pendant que Denis commence, à Paris, son travail de portraitiste. L’un photographie les sculptures de l’autre, fabrique sa mémoire artistique. Cet enregistrement systématique des œuvres de David a imprégné Denis et fait naître une confiance viscérale entre les deux hommes. Au point de désirer confronter leurs travaux. Il faut sept ans, pour que David et Denis décident d’expérimenter une autre forme de rendez-vous artistique, puis encore deux pour qu’ils produisent ensemble une série d’œuvres nées de ces co-incidences. Cette fois c’est un travail simultané, à trois : le modèle, le peintre et le photographe. Denis installe un modèle féminin en studio, le fait poser. Entre chaque prise de vue, David intervient.
Les coups de pinceaux prolongent les intentions du photographe. Les indications du photographe modifient le corps du modèle. Cette matière vivante inspire de nouveau le peintre. De ce dialogue charnel, silencieux, naissent autant d’œuvres. Ni images, ni sculptures, elles sont des histoires vivantes, construites sans autre préméditation que ce rendez- vous de deux hommes.